Les scribes IA sont-ils sûrs pour les notes de thérapie ? 7 questions à poser d’abord
Un scribe IA peut transformer une séance en brouillon de note d’évolution en quelques secondes. Pour les thérapeutes, ce sont des heures gagnées chaque semaine, et de nouveaux risques, car la matière première est la conversation la plus intime que vos patients auront jamais. Avant d’en activer un, obtenez des réponses claires à ces sept questions.
Pourquoi les thérapeutes sont prudents
Les scribes IA se sont vite répandus en médecine, mais la santé mentale, c’est autre chose. Des reportages de NPR et de CBC décrivent des thérapeutes qui apprécient le temps gagné et d’autres qui craignent que l’enregistrement des séances abîme la confiance ou expose des conversations très personnelles en cas de fuite. Une étude de 2025 menée auprès de soignants de premier recours en Nouvelle-Zélande a montré que seuls 59 % de ceux qui utilisaient des scribes IA déclaraient demander le consentement des patients, et que la sécurité des données figurait parmi leurs principales inquiétudes.
Cela ne veut pas dire que les scribes IA sont à proscrire. Cela veut dire que vous devez savoir exactement ce qu’il advient de l’enregistrement.
1. Où l’audio est-il traité ?
La plupart des scribes IA envoient l’audio de la séance sur les serveurs du fournisseur, où tournent la reconnaissance vocale et le modèle de langage. Certains outils traitent désormais l’audio sur l’appareil lui-même. Le traitement sur l’appareil tient entièrement la conversation à l’écart des serveurs tiers ; avec un traitement dans le cloud, vous faites confiance à la sécurité du fournisseur.
2. L’audio est-il conservé, et combien de temps ?
Exigez une réponse précise : l’enregistrement est-il supprimé dès que la note est générée, après un nombre de jours fixe, ou conservé jusqu’à ce que vous le supprimiez ? La même question vaut pour la transcription et le brouillon de note. « Nous conservons les données aussi longtemps que nécessaire » n’est pas une réponse.
3. Vos données servent-elles à entraîner leur IA ?
Cherchez ce que disent la politique de confidentialité et les conditions d’utilisation sur l’entraînement des modèles. Des formules comme « des données anonymisées peuvent être utilisées pour améliorer nos services » méritent une question de suivi. Pour des notes de thérapie, il vous faut une déclaration claire que le contenu des clients n’est jamais utilisé pour l’entraînement, ou un moyen de vous y opposer.
4. Le fournisseur signera-t-il le bon contrat ?
Aux États-Unis, un fournisseur qui crée, reçoit, stocke ou transmet des informations de santé protégées pour votre compte est un « business associate » au sens de la loi HIPAA, et vous devez signer avec lui un Business Associate Agreement (BAA). Au Royaume-Uni et dans l’UE, un fournisseur qui traite des données personnelles pour vous doit signer un contrat de sous-traitance au titre du RGPD. Si un fournisseur refuse de signer, ne l’utilisez pas avec les données de vos patients. Les outils qui traitent tout sur votre propre appareil, sans que le fournisseur reçoive jamais les données, changent la donne : demandez à votre conseiller en conformité comment vos règles s’appliquent.
5. Comment obtiendrez-vous un consentement éclairé ?
Expliquez à vos patients ce qui est enregistré, où cela va, combien de temps c’est conservé, et qu’ils peuvent refuser sans que cela affecte leur prise en charge. Faites-le de vive voix au début, pas seulement dans un formulaire d’accueil que l’on fait défiler sans lire. Les lois sur l’enregistrement varient aussi : certaines juridictions exigent l’accord de toutes les personnes présentes dans la conversation.
6. Que se passe-t-il quand vous arrêtez de l’utiliser ?
Assurez-vous de pouvoir exporter vos notes et supprimer tout ce que détient le fournisseur, et que la suppression inclut les sauvegardes dans un délai annoncé.
7. Avez-vous vraiment besoin d’enregistrer la séance ?
Une alternative que beaucoup de thérapeutes négligent : dictez votre propre résumé juste après la séance. La voix de votre patient n’est jamais enregistrée, vous consignez votre raisonnement clinique plutôt qu’une transcription, et l’empreinte sur la vie privée est bien plus faible, surtout si la dictée est transcrite sur votre appareil.
| Approche | Voix du patient enregistrée | Lieu du traitement | Temps gagné |
|---|---|---|---|
| Scribe IA dans le cloud | Oui, toute la séance | Serveurs du fournisseur | Le plus |
| Scribe IA sur l’appareil | Oui, toute la séance | Votre appareil | Le plus |
| Dicter sa propre note après la séance | Non | Votre appareil, avec une app locale | Beaucoup, comparé à la saisie au clavier |
Remarque : ce guide fournit des informations générales, pas des conseils juridiques ou de conformité. Votre ordre professionnel, votre association professionnelle et le droit local fixent les règles qui s’appliquent à vous.
Sources
- NPR via WGBH : les thérapeutes utilisent l’IA pour prendre des notes. Outil utile ou trahison de la confiance ?
- CBC : selon des thérapeutes, l’IA peut les aider à mieux vous aider, mais certains s’inquiètent pour la vie privée
- Proof News : pourquoi les scribes IA, adoptés par les médecins, inquiètent les thérapeutes
- Journal of Primary Health Care : les scribes IA en soins primaires en Nouvelle-Zélande (2025)
- HHS (États-Unis) : guide sur HIPAA et le cloud computing